Fête de Mabon : Amour, transition et adaptation

L’équinoxe d’automne annonce la fin de l’été, pour nous cela ne signifie pour autant la fin de la saison des mariages : beaucoup de futurs mariés choisissent cette période de transition que l’on appelle – quand le soleil est au rendez-vous – l’été indien.

L’organisation d’un mariage est souvent plus facile en ce début de l’automne comparé à la frénésie de la fin de l’année scolaire et aux grands chassés-croisés de l’été. Cela convient en particulier à certains couples discrets, à la recherche de moments simples, intimes et paisibles.

La Nature est encore habillée de vert même si les feuilles commencent à s’envoler par ci par là. Chaque matin on se demande si on ressort son petit manteau ou pas. On finit par rester en tee-shirt et on se retrouve rincé par la pluie. On ressort avec délectation sa belle écharpe pour la jeter au fond de son sac en cherchant une place à l’ombre en terrasse le midi.

MABON : TRADITIONNELLEMENT UNE FÊTE DE GRATITUDE

Dans l’ancienne tradition, les jours autour de l’Équinoxe d’automne sont associés à la fête de Mabon, une fête de gratitude : gratitude à la Nature pour l’abondance des récoltes, gratitude à tous ceux qui ont travaillé dur. On l’appelle aussi parfois cette célébration le « Festin d’Avallon ».

Pour moi c’est surtout une période de transition, une période où il faut se réhabituer, se réadapter…

Lorsque je pense aux cérémonies de mariage qui ont précédé, je trouve que se marier fin septembre ou en octobre convient particulièrement aux couples aux personnalités assez différentes et tranchées. Le début de l’automne peut être vu comme une parenthèse magique entre l’été et l’hiver. Une sorte de zone de sérénité où tout n’est pas si différent et où tout peut se rejoindre pour vivre en harmonie. C’est d’ailleurs ce que j’avais évoqué pour introduire la cérémonie de Florie et Matthieu en 2016.

VIVRE EN COUPLE : UNE LONGUE AVENTURE D’ADAPTATION ET DE TRANSITIONS

Vivre en couple pendant longtemps, c’est une longue aventure d’adaptation et de transitions. C’est s’adapter sans cesse à l’autre tout en ne se perdant jamais soi-même. C’est aussi vivre ensemble des périodes de transitions : changer de métier, de région, de logement, devenir parents, vieillir (et changer parfois), perdre des êtres chers…

Nous célébrons presque toujours en extérieur pour garder ce lien avec la Nature qui est si important dans notre façon d’envisager les cérémonies. En cette période les futurs mariés et leurs proches, débattent souvent beaucoup au sujet de la météo. Il y à ceux dont l’optimisme confère parfois au déni, les inquiets qui imaginent le déluge à l’apparition du plus petit nuage, ceux qui prennent les choses comme elles viennent ou ceux qui préfèrent « sécuriser » en intérieur quoiqu’il arrive cinq jours en avance (quitte à rater au final une belle journée ensoleillée). Il y a ceux qui voient le mauvais temps comme une catastrophe absolue et qui finalement ne sentiront pas vraiment la pluie le jour J… Ceux qui se laissent influencer et ceux qui n’en démordent pas !

En les écoutant débattre, s’adapter ou pas, regretter ou pas, céder ou pas, j’ai parfois l’impression d’une sorte d’allégorie de la vie future qui se dessinerait dans ce passage entre deux saisons.

AURÉLIE, célébrante pour OR & LIENS